Les 10 incontournables règles pour écrire!

Tu vas dire « Oui je les connais! » Bravo! Tu peux maintenant supprimer cet article de ton écran et mettre davantage de temps sur l’écriture de ton livre!

MAIS… si tu ne les connais pas, alors là, tu te dois, en tant que futur écrivain, de savoir dans quelle galère tu vas embarquer. Avant d’aller plus loin, je dois t’avouer que ces règles n’en sont pas vraiment et tu ne vas pas subir de châtiment infernal pour le reste de tes jours si tu ne les suis pas. Ce n’est qu’une allégorie toute simple. Dans les faits, ce sera bien pire que tu ne pourrais t’imaginer, même si tu avais cette imagination fertile débordante d’idées fécondes et créatives pouvant t’emmener sur les vagues houleuses des océans d’aventures. Alors, que peut être pire que de vivre dans un cauchemar infernal digne de Dante ?

Je te laisse répondre à la question une fois que tu auras lu ce qui suit. J’ai mis ces règles les unes à la suite des autres sans qu’aucune ne soit prioritairement prioritaire sur une autre. Les posséder te permet de conquérir de nouveaux mondes avec force, courage et volonté contre vents et marées sans pour autant savoir nager.

  1. La créativité

Tu te joues la comédie, tu écris ensuite ce qui s’est déroulé et voilà ! Ton histoire est terminée ! Mais ce n’est pas aussi simple et le premier qui dit le contraire mérite de crouler en enfer réellement. La créativité est plus qu’une simple résultante de l’imagination. C’est un mélange de science littéraire, de recherche approfondie et obstinée sur tous les sujets, de travail constant frôlant la schizophrénie paranoïaque, à une connaissance générale incluant la psychologie, le paranormal, l’ésotérisme, les sciences appliquées, la chimie, la biologie, les plantes et les arbres, l’histoire, la géographie, les mathématiques, la physique, les sciences naturelles, l’écologie, les bouleversements climatiques et la couche d’ozone, les émotions et renversements humains, d’un peu de folie et de rébellion sociale avec un soupçon de névrose et d’originalité en plus de qualités insurpassables d’imitations parfaites de milliers de personnages et un flair insoupçonné de méfiance extrême pour décortiquer les moindres secrets universels qui seraient cousus de fil blanc. La créativité est presque une science sans pour autant décerner de diplôme post doctoral. Si on pouvait disséquer un cerveau, on y verrait les millions de synapses claquant toutes en même temps pour aller chercher les idées camouflées dans chaque neurone et les amener consciemment en un instant à ton regard intérieur. Ce n’est qu’à ce seul et unique moment que tu pourrais t’exclamer « Mais c’est génial ! » (ou en grec avec le fameux « Euréka ! », ce qui veut dire : « J’ai trouvé ! »). Ajoute maintenant le soupçon d’imagination que tu tiens tant… et bon, je crois que ça pourrait définir la créativité. Tu es encore là ? Ne lâche pas, ça ne fait que commencer.

  1. La langue

Je sais que tu aimes parler, mais ce n’est pas de cette langue-là que je veux t’entretenir. Je parle de l’écriture de ta langue. Le français autrement dit. Es-tu capable d’écrire 10 mots sans faire de fautes, incluant les accords grammaticaux et de conjugaison ? Si oui, bravo ! En fait, tu vas me dire « Ah ben là mon petit, il existe des tonnes de logiciels pour faire la correction de ton texte ! » Et tu as parfaitement raison… SAUF que le logiciel ne pense pas. Si tu écris « ces », mais que tu veux dire « c’est » ou « ses », le logiciel ne verra pas nécessairement les fautes ! Je sais, je l’ai essayé ! Donc si tu te fis sur le logiciel pour corriger tes fautes, « il » va te poser un tas de questions embêtantes pour savoir comment écrire cette simple phrase : « On n’est pas fou ! » ou « On naît pas fou ! » Ensuite, n’écris pas comme tu parles « On népa fout », sinon « il » va disjoncter. Et que dire des ponctuations « Le docteur pense le fou est malade. » Veux-tu dire « Le docteur, pense le fou, est malade »… ou « Le docteur pense : le fou est malade. » Ouf ! Que de confusions instantanées dans l’esprit de ton lecteur ! Il va vouloir te conduire personnellement en enfer.

  1. L’objectivité

Il est tout à fait impossible et impensable d’être objectif pour écrire un livre. « Mais alors…?» demandes-tu. C’est vrai, ça devient un paradoxe existentiel. L’écrivain se met dans la peau de ses personnages, c’est bien évident, et il transmet leurs émotions au lecteur. L’écrivain est leur porte-parole ! C’est lui qui est devant la meute et qui fièrement brandit le drapeau annonçant les couleurs des aventures. Ça, c’est la partie facile. L’autre partie, l’écrivain devient tout simplement un lecteur parmi tant d’autres et donc, par défaut, il est complètement objectif… « Voyons voir si ce livre est vraiment bon ! » Il aborde son livre en toute objectivité, comme il le ferait avec n’importe quel autre livre, prêt à le condamner sans sursis et couper en petits morceaux toute partie imparfaite ou qui sabote le suspense du récit. Il est sans pitié ! Si ce n’est pas lui qui le fait, ce sera un autre et cet autre-là bannira le livre dans le néant, ou pire, le condamnera à arpenter les limbes pour l’éternité, ce qui est pas mal long.

  1. La passion

Être passionné implique d’autres aspects assez particuliers comme prendre le temps d’écrire, écrire régulièrement, se rappeler encore d’écrire régulièrement et assidûment, et le jour suivant, se le rappeler encore en plus de pouvoir se concentrer aisément sur un paragraphe, une phrase, un mot en un effort constant, soutenu et intense. La première semaine, on est emballé. L’écrivain a encore cette flamme sacrée au bout de 6 mois tout comme au bout de 12 mois aussi, de même qu’au bout de 3 ans. La passion c’est avoir cette petite flamme, vacillante parfois, brûlante d’autres fois, qui persiste tout de même malgré quelques brises risquant de l’éteindre à tout jamais. Être passionné c’est persévérer non pas pour la sainte action d’écrire, mais pour aussi croire en l’histoire et pouvoir la vendre sans remord, sans honte et y voir un apport positif, constructif. La passion c’est de ne pas renoncer au moindre mot difficile à écrire, à la moindre petite phrase incompréhensible malgré la centième fois qu’elle est écrite. Avoir la passion c’est être à l’écoute de ses personnages et les laisser agir une fois que la vie leur est insufflée, une fois que leur âme s’est incarnée. La passion c’est surtout, et avant tout, savoir réécrire.

  1. Lire

Avant de savoir écrire, il faut savoir lire. L’écrivain est un lecteur invétéré. Il dévore vivant les livres. Ils le font rêver. Ouvrir un livre et partir dans un monde imaginaire, voir les héros parcourir des mots les uns après les autres et chevaucher des randonnées sauvages de phrases qui ne font que s’évaporer sous les suivantes. Lire ouvre un monde infini d’existences et de richesses qui n’existent que dans l’imaginaire propre à chacun. Cette luxuriance est à portée du doigt qui tourne la page et n’attend qu’on y pose le regard pour s’ouvrir. En sachant bien s’y prendre, on pourrait même être capable de lire entre les lignes. Et c’est là que cette opulence apporte la connaissance.

  1. La connaissance

La connaissance s’apprend de 2 façons. Par les livres et par l’expérience. Cette puissante connaissance permet de la reporter en simples mots. Pour cela, il faut posséder une parfaite maîtrise du sujet afin de pouvoir le vulgariser, le rendre accessible facilement au lectorat. Elle permet aussi de sentir les émotions et sentiments déjà ressentis qui sont ensuite transcrits dans le récit. Cette connaissance se veut innée, spirituelle, psychique, intellectuelle, sublime et éthérée. Elle est prescience, elle est mystérieuse, elle est cachée. Il faut la livrer en toute conscience, claire, limpide, aventureuse ou amoureuse, élevée ou ennoblie, chevaleresque ou poétique.

  1. La capacité d’oublier

On parle d’oublier au moment où on vient de parler de connaissance et de présence assidue. Oui ! Tout à fait ! L’écrivain oublie qu’il écrit un livre, oublie qu’il écrit une histoire, oublie qu’il tient un crayon ou qu’il appuie sur des touches de clavier. Il oublie même les mots qui se suivent en désordre sur la page virtuelle et se laisse plutôt s’imprégner de son histoire. Il ressent ce que vivent ses personnages. Sont-ils en danger de mort ? C’est terrible. Sont-ils malades ? C’est triste. Sont-ils assiégés ? Vont-ils mourir ou remporter la guerre ? Il n’écrit pas, il retranscrit des images, des émotions, des pensées, des actions et réactions. Il est dans un monde où tout échappe au contrôle mental normal… Il n’est plus dans la normalité à partir du moment où il s’évade dans son récit. Il est un banni de la société. Quand son téléphone sonne, il ne l’entend pas. La télévision est allumée, mais il n’en a aucune conscience. Lorsqu’il est sur son balcon en train d’écrire, on le salue… il ne voit rien du tout. Le pire dans tout ça, ce n’est même pas exagéré.

  1. L’organisation

Si l’image d’un écrivain est celle d’un monde perdu et évasif, tu fais fausse route. Un écrivain connait sur le bout des doigts chaque recoin de son histoire et chaque mot a sa place. C’est LE spécialiste… dans son monde imaginaire. Pour le reste, ça dépend des genres. Alors comment un écrivain peut-il s’en sortir haut la main ? En ayant une organisation hors pair ! La pratique des premières étapes est cruciale et primordiale. Il fait tomber les idées et y trouve les liens nécessaires pour que le tout soit cohérent. En général, cela prend quelques heures. Dans un deuxième temps, il organise ces idées dans un ordre chronologique du déroulement de son histoire, et non obligatoirement dans un ordre chronologique réel. Il y met quelques journées tout au plus, le temps de bien mûrir sa structure, car c’est de celle-ci que va reposer tout le récit. Ensuite, il fonce sans penser, mais utilise ses idées de bases pour les développer et construire son récit. Il sait d’avance qui est qui, qui fait quoi, qui va périr et qui va s’en sortir. Idéalement, en quelques semaines, le récit devrait être terminé… du moins la première version. Ensuite, il va attaquer la phase édition qui peut s’étirer entre quelques jours à quelques mois. Cela va dépendre de la qualité de l’écriture et du rendu du récit.

  1. La flexibilité

Si l’organisation est essentielle, la flexibilité l’est encore plus. Évidemment, on ne parle pas de flexibilité physique, mais mentale. Comme un livre est en général bien structuré, on peut très bien commencer par la deuxième page… si la première se veut trop rebelle ou trop effrayante. En ayant une structure bien établie, l’écrivain peut attaquer l’écriture du récit à n’importe quel endroit, même par la fin si ça lui chante. Il peut varier ses moments d’écriture pour faire des changements, entreprendre les parties les plus difficiles au début de la journée alors qu’il est frais et reposé et se garder les plus faciles pour les moments en panne d’inspiration ou les fins de sessions d’écriture. Cette flexibilité est souvent rencontrée chez les écrivains passionnés, créatifs et qui ont une parfaite maîtrise de leur sujet.

  1. Le travail

À moins d’être allergique au travail, la seule vue du mot ne signifie pas « perte de temps ». Au contraire, l’écrivain va passer d’importantes quantités d’heures de travail qui au vu de plusieurs paraissent inutiles. En fait, si on réécrit plusieurs parties ou même le récit au complet, et cela signifie des mois de travail, l’écrit réalisé auparavant sert de « base » et de fondation, ce qui ne peut que rendre le récit meilleur. C’est un travail lancinant, qui peut paraître pénible, mais l’écrivain y voit un Phoenix se réveiller à une nouvelle vie et prendre son envol vers une nouvelle destinée. Il saura y mettre le temps nécessaire. Il saura être patient pour se lire et relire tout en conservant un esprit objectif. Il ne s’écartera pas du but fixé et persévérera sans changer un seul iota (ou presque) dans sa détermination.

À cette partie « travail » s’ajoute celle de l’après-production. Celle qui regarde la partie vente, marketing et publicité. C’est un travail différent, mais tout aussi passionnant. La plupart des auteurs, surtout les auteurs indépendants, aiment ou doivent s’en charger. Mais ça, c’est une tout autre histoire !

Sois créatif !

 

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